Election en Grece

 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/de/Rhodos_grafiti_KKE.JPG

Le scrutin qui inquiétait les marchés européens ce dimanche 6 mai n’était pas celui opposant en France le partisan de l’ « austérité de droite » contre celui de la « rigueur de gauche ». Il s’agissait bien des élections législatives en Grèce, dans un climat de colère sociale et de rejet du consensus dominant PASOK-droite.

Les résultats définitifs confirment d’une part l’ampleur de ce mécontentement populaire mais d’autre part révèlent à quel point le grand capital grec et surtout européen est en mesure de trouver des roues de secours viables lorsque ses serviteurs habituels se retrouvent à bout de souffre, discrédités par la politique d’austérité qu’ils font subir au peuple grec.

La première leçon de ce scrutin, c’est la déroute historique des deux partis du consensus libéral-européiste dominant.

KKE-2-copie-1.jpgUne déroute historique pour le consensus dominant PASOK-Nouvelle démocratie

Le parti de droite classique, Nouvelle Démocratique, a sauvé les meubles grâce à sa puissante organisation clientéliste et ses positions conservatrices traditionnelles.

Avec 18,9% des voix et 108 sièges, elle sera sans doute le pivot de la future coalition gouvernementale, mais perd 13,6 points (33,48% en 2009) par rapport au dernier scrutin.

Son alter ego à gauche, le PASOK socialiste s’effondre pour atteindre un minimum historique, avec 13,2% des voix et 41 sièges mais il reste le partenaire le plus crédible pour une nouvelle « grande coalition » gauche-droite.

La politique de casse sociale menée d’abord par Georgios Papandreou depuis 2009 puis par son successeur Lukas Papademos, avec le soutien du PASOK a logiquement conduit à la désaffection d’une grande partie de sa base électorale. Le PASOK avait réalisé 43,92% des voix en 2009.

L’effondrement des deux partis dominants a laissé un large espace à des forces, à gauche comme à droite, participant largement d’une recomposition maîtrisée par ces mêmes forces dominantes.Tout comme le capital européen envisage une « faillite contrôlée » de l’économie grecque, il a tenté d’opérer une « faillite contrôlée » du système politique grec.

Les communistes progressent une nouvelle fois, avec 8,5% des voix et 26 sièges, bravant l’anti-communisme ambiant

Le point positif du scrutin, c’est la nouvelle progression électorale des communistes du KKE, reflet de leur ancrage de masse et de leur participation décisive aux luttes depuis 2009.

Avec 8,5% des voix et 26 sièges, les communistes gagnent du terrain par rapport au déjà bon score de 2009 (7,5% des voix et 21 sièges). Ils réalisent pour un scrutin national leur meilleur score depuis la chute du mur de Berlin, plus exactement depuis 1985, lorsqu’ils avaient obtenu 9,1% des voix (mais seulement 12 députés).

Une progression d’autant plus méritoire qu’elle se produit dans un climat de rare hostilitéoù ont alterné menaces et insultes anti-communistes frontales et manœuvres plus subtiles au nom du vote utile pour SYRIZA et Gauche démocratique, des méthodes vicieuses qui ont eu sans doute leur impact.

Les positions courageuses du KKE vis-à-vis des illusions d’un gouvernement de gauche alternatif dans le cadre du système alternatif ont été reconnues par une large partie de la classe ouvrière grecque. Mais leur intransigeance a pu orienter une partie des classes moyennes paupérisées, déçues du PASOK, vers une gauche qui se présente comme radicale mais de gouvernement.

La percée de la « gauche radicale » ou la « faillite contrôlée » de l’aile-gauche du système politique traditionnel grec

L’écroulement du PASOK était la seule donnée certaine, connue avant le déroulement même de ces élections. Le grand capital grec avait anticipé sa décomposition et préparé la recomposition de la ‘gauche’ grecque, à partir de l’aile-gauche de la social-démocratie Grecque, la coalition dite SYRIZA.

La coalition SYRIZA est un amalgame hétérogène composé de maoistes, de trotskistes, d’ex-communistes rénovateurs, de transfuges de la social-démocratie, de nationalistes de gauche ou encore d’écologistes, minés par des querelles internes interminables qui l’ont mené plus d’une fois au bord de l’implosion. Une coalition unie sur le plus petit dénominateur commun, celui d’une vague gauche unie sans programme ni idéologie claire.

Une histoire faite de nouvelles coalitions et de nouvelles scissions incessante. La dernière en date, celle du groupe Gauche démocratique (DIMAR) trouvant SYRIZA trop intransigeante, et plutôt favorable à un gouvernement d’union avec le PASOK, pour le tirer à gauche dans sa politique d’austérité.

Gauche démocratique a finalement obtenu 6,1% des voix et 19 sièges tandis que SYRIZA a décroché la deuxième place avec 16,8% et 52 sièges.

Les pertes du PASOK ont donc été très largement redistribués vers des partis qui soit soutiennent ouvertement le PASOK, comme Gauche démocratique, soit soutiennent une ligne dont l’opposition formelle à la ligne actuelle du PASOK n’en est pas moins concordante avec les positions social-démocrates traditionnelles.

En effet, outre la complaisance sans précédent dont a bénéficié SYRIZA durant la campagne, en premier lieu pour son jeune chef sémillant, le télégénique Alexis Tsirpas, la « Coalition de la gauche radicale » a fait campagne pour une véritable « coalition gouvernementale de gauche » capable de mener une autre politique en Europe.

Une alliance proposée à DIMAR, au KKE et même au PASOK, si « il bouge vers la gauche ». Le KKE a refusé cette main tendue, et ce que l’autre dissimule. Car SYRIZA ne propose aucune rupture avec le système capitaliste, qu’elle souhaite aménager, avec l’Union européenne, qu’elle souhaite réformer ou avec le système politique grec corrompu, sachant qu’elle est alliée au PASOK dans bon nombre de municipalités et départements du pays.

Les deux nouveaux piliers de l’aile-gauche système politique grec s’appellent donc Gauche démocratique, comme force d’appoint parlementaire du PASOK et de la « grande coalition », et SYRIZA comme opposition officielle, chargée de canaliser la colère populaire vers des solutions compatibles avec le système dominant.

Recomposition préoccupante à droite, entre montée d’un nationalisme populiste et fascisation de la vie politique grecque

Le résultat le plus inquiétant de ce scrutin ne provient sans doute pas de la gauche de la vie politique grecque. Certes, l’effondrement des partis de droite paraît moins net que celui du PASOK, mais il est néanmoins indiscutable.

Outre Nouvelle démocratie, le parti d’extrême-droite traditionnaliste LAOS recule et paye sa collaboration au gouvernement de l’austérité. Il passe de 5,63% des voix et 15 sièges à 2,9% et sans aucune représentation parlementaire.

La recomposition de la droite grecque profite partiellement à une nouvelle formation de droite, dissidente de la Nouvelle démocratie, les Grecs indépendants, qui obtiennent 10,6% des voix et 33 sièges, sur fond d’un discours souverainiste et populiste, dont il est encore difficile de savoir les implications politiques au vu du caractère nouveau de ce parti.

Le plus préoccupant reste la percée historique d’un groupuscule d’extrême-droite, issu de la mouvance néo-nazie, l’Aube dorée qui récolte 7% des voix et 21 sièges.

 

Utilisant un symbole proche de la croix gammée, exaltant la violence et le droit du sang, prônant un nationalisme ethnique et expansionniste, anti-communiste et contre-révolutionnaire, tout en adoptant un discours superficiellement radical sur les questions sociales, en indiquant un bouc-émissaire : l’étranger, l’Aube dorée rassemble tous les critères d’une formation de droite néo-fasciste.

Les origines national-socialistes de cet ancien groupuscule d’extrême-droite transparaissent dans son réseau international qui rassemble notamment le Parti national-démocrate (NDP) allemand, héritier du parti nazi, ou encore la Forza nuova italienne, qui se revendique comme une fidèle héritière du parti national fasciste italien.

 

« Faillite contrôlée » des deux piliers du système politique grec, émergence de nouvelles gauches et de nouvelles droites de gouvernement (Grecs indépendants, Gauche démocratique), mise en avant d’une opposition officielle canalisant vers les solutions institutionnelles avec SYRIZA, fabrication de toutes pièces d’un parti néo-fasciste comme recours ultime du capital, le paysage politique grec, décomposé est aussitôt recomposé par le grand capital grec et européen.

Mais dans cette sombre apparence d’un contrôle total de la classe dominante européenne sur les événements politiques grecs, une épine dans le pied du capital persiste. Une force résiste et progresse, le Parti communiste grec (KKE).

 

Dans l’hostilité la plus totale, malgré les menaces, intimidations ou manœuvres politiciennes subtiles, les communistes grecs continuent à être perçus consciemment par des centaines de milliers grecs comme la seule alternative viable au pouvoir mortifère du capital grec et de l’Union européenne sur leurs vies.

Source : Solidarité internationale PCF

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Appel des Jeunesses Communistes d’Europe contre l’anticommunisme

Lors de la 9ème rencontre des organisations de Jeunesses Communistes, tenue à Prague le 3 et 4 décembre 2011, 13 organisations ont adopté une résolution contre l’anticommunisme:

Dans l’Europe actuelle, une multitude d’attaques graves visant la classe ouvrière et la majorité de la jeunesse et du peuple sont en cours. Elles visent un certain nombre de conquêtes issues de longues et difficiles luttes sociales pour le travail, la paix, le système social, l’éducation, le service de santé, la culture etc. Ce processus agit dans les intérêts de l’impérialisme de l’Union Européenne et d’autres centres impérialistes comme la Russie et ses causes se trouvent dans le système capitaliste.

Les forces politiques capitalistes de droite et la social-démocratie, qui s’efforcent de promouvoir la restructuration du capitalisme exprimée par de constantes tentatives poussant à des politiques de privatisations, de dérégulations et d’attaques contre les droits sociaux des travailleurs, ont besoin d’éliminer leur principal opposant et ainsi les communistes ceux-ci expliquant la stratégie de l’impérialisme et faisant du socialisme la seule alternative.

Par conséquent, les forces de droite avec la social-démocratie utilisent des mesures répressives pour éliminer les communistes et leurs organisations, pour discréditer leur diffusion d’idées et d’objectifs communistes, les exclure des procédures électorales et contrôler leurs membres et leurs finances. La campagne anticommuniste à l’échelle européenne trouve son expression dans les attaques anticommunistes qui sont en cours dans beaucoup de pays européens à travers la pénalisations d’organisations et de leur activités, de leur interdiction, de l’emprisonnement et de la torture de leurs membres, l’établissement de fondations anticommunistes, de mémoriaux et musées, la réécriture de l’histoire à l’école et dans les livres universitaires, la production en masse de programmes TV, de soi-disant films « documentaires » et d’autres histoires anti-communistes, l’interdiction de symboles communistes etc. Ces opérations anti-démocratiques visent à frapper le mouvement communiste et les doits et libertés les plus élémentaires. Le dernier exemple de la répression anticommuniste est la persécution de membres des Collectifs de Jeunes Communistes d’Espagne et du Parti Communiste des Peuples d’Espagne et le procès politique contre Algirdas Paleckis, un responsable du Front Populaire Socialiste de Lituanie.

Tous ces plans anticommunistes révèlent la nature impérialiste et de classe profonde de l’Union Européenne, l’hypocrisie des supporters de la démocratie bourgeoise aussi bien que la peur de la bourgeoisie envers le mouvement communiste. Les attaques anticommunistes sont une part de la stratégie impérialiste visant à éradiquer de la conscience des peuples et des travailleurs, particulièrement de la plus jeune génération, la seule voix permettant de sortir de la barbarie capitaliste : le renversement du capitalisme et la construction du socialisme.

Le retrait des droits qui va principalement à l’encontre des communistes peut aussi être utilisé contre tous ceux qui n’abandonnent pas, ceux qui font face à l’offensive et ne s’arrêtent pas de lutter. Nous pouvons le voir dans les restrictions à l’organisation et à l’action des syndicats et des associations et organisations étudiantes et nombre de fois dans la répression et la limitation des protestations et manifestations de rue.

En utilisant tous les moyens à notre disposition, nous continuerons à renforcer cette lutte, garantissant nos droits en les mettant en pratique. Une lutte qui n’est pas seulement celle des communistes, mais celle de tous ceux qui défendent une vraie démocratie, la liberté et liberté d’expression. Une lutte qui doit être menée dans les rues par le développement de la conscience de nos droits à travers des luttes de masse de la jeunesse et du peuple.

L’exemple de la tenue de l’organisation du 9ème meeting des Organisations de Jeunesse Communistes d’Europe par l’Union de la Jeunesse Communiste (KSM), qui a été rendue illégale durant ces dernières années par une décision anticommuniste du gouvernement et du système judiciaire tchèque, mais qui a finalement gagné son combat pour la légalité, montre la nécessité de résister et la puissance de la lutte internationale commune contre l’anticommunisme.

La 9ème rencontre des Organisations de Jeunesse Communiste d’Europe exprime sa solidarité avec tous les communistes et leurs organisations persécutées par la répression anticommuniste.

La 9ème rencontre des Organisations de Jeunesse Communiste d’Europe appelle toutes les organisations de jeunesse communiste à renforcer la lutte commune contre l’anticommunisme.

La 9ème rencontre des Organisations de Jeunesse Communiste d’Europe appelle la jeunesse de toutes les forces progressistes et anti-impérialistes à nous joindre dans notre lutte contre l’anticommunisme.

Signataires :

Jeunesse Communiste d’Autriche (KJÖ)

COMAC (Belgique)

Organisation de la Jeunesse Unie et Démocratique (EDON, Chypre)

Union de la Jeunesse Communiste de République Tchèque (KSM)

Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF)

Jeunesse Ouvrière Socialiste Allemande (SDAJ)

Jeunesse Communiste de Grèce (KNE)

Jeunesse Communiste de Pologne (KMP)

Jeunesse Communiste Portugaise (JCP)

Union de la Jeunesse Communiste Révolutionnaire des Bolcheviks (RKSMb, Russie)

Union des Jeunes Communistes d’Espagne (UJCE)

Collectifs des Jeunes Communistes (CJC, Espagne)

Jeunesse du Parti Communiste Turc (YTKP)

Publié dans Communiqués, International | Tagué , | 1 Commentaire

Nous poursuivrons le combat des martyrs de Charonne !

Il y a 50 ans, neuf militants pacifistes étaient massacrés par la police au métro Charonne.

En 1962, la guerre coloniale en Algérie dure depuis huit ans déjà. L’Organisation armée secrète (O.A.S.), groupuscule fasciste, sème la terreur par des attentats tant à Alger qu’en métropole. Le 7 février, ses militants posent dix charges plastiques dans la capitale, visant des hommes politiques et des écrivains; l’une d’elles défigure une petite fille de quatre ans.

Les organisations pacifistes ripostent sans attendre : à l’appel du PCF, de la JC, de la CGT, du PSU et des principaux syndicats, une manifestation est organisée le lendemain à la Bastille, réclamant des mesures contre l’OAS. La préfecture l’interdit, mais les organisations la maintiennent, et le rassemblement commence dans le calme. A 19h30, les soixante mille manifestants commencent à se disperser.

C’est le moment que choisit la police pour charger au niveau du boulevard Voltaire, avec une violence insensée. Certains militants tentent de se réfugier dans le métro Charonne. Les policiers leur jettent bombes lacrymogènes et grilles d’aération en fonte, pesant près de trente kilos. Sous les coups de matraque et les grilles, huit manifestants perdent la vie. Un neuvième mourra quelques mois plus tard à l’hopital, des suites de ses blessures. Les neuf victimes sont syndiquées à la CGT, huit d’entre elles sont communistes. Le plus jeune, Daniel Féry (ci-dessus), n’a que quinze ans.

Le lendemain, une grève nationale est lancée contre la répression. Près d’un million de personnes se rendent le 13 février aux obsèques des victimes. Il apparaît très vite que les assassins n’ont pas agi de leur propre initiative : ils devaient charger pour tuer. Les ordres venaient directement de la préfecture de police, dirigée alors par Maurice Papon, qui s’était rendu célèbre en raflant des juifs durant la guerre. Le gouvernement du général De Gaulle s’empresse de mentir, attribuant les meurtres à des émeutiers ou à des agents de l’OAS. Longtemps, une rumeur prétendra que les grilles du métro étaient fermées, et que les militants se seraient écrasés dessus. Naturellement, aucun des policiers assassins ne fut condamné, aucune enquête n’eut lieu.

Aujourd’hui, les amis de l’OAS sévissent toujours. Dans le Sud de la France, des nostalgiques de l’Algérie française élèvent des stèles à sa gloire. Mais l’oubli volontaire des crimes de l’armée française rassemble hélas bien au-delà de ces groupuscules. La mort en 2010 du général tortionnaire Bigeard, dont la mémoire fut applaudie par le gouvernement, en fut en exemple criant. L’année dernière, Hélie de Saint Marc, officier putschiste en 1961, ultra de l’Algérie française, reçut à son tour la Légion d’Honneur des mains de Sarkozy. Chacun son camp.

La lutte contre le fascisme, pour l’indépendance des pays africains est loin d’être terminée. Les soulèvements populaires qui ont agité la Tunisie et l’Egypte, face à des dictatures au service de l’impérialisme, l’ont remise sur le devant de la scène. Aux côtés de nos camarades du monde entier, nous poursuivrons le combat des morts de Charonne. Jamais nous ne nous inclinerons devant le fascisme, le colonialisme et l’impérialisme.

8-fev-62.1179361421.jpg

Publié dans Actualité, Luttes | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Manifestation pacifique contre la lenteur de la justice

Appelle a la Manifestation du 11 Fevrier par L’Association Verité et Justice pour Abou Bakari Tandia .

” Amnesty International
et l’association Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia,
membre du collectif contre les violences policières,

vous invitent à manifester pacifiquement contre la lenteur de la justice

samedi 11 février 2012 à 14h

Rendez-vous à l’angle de la rue de la Paix et de la rue Danielle Casanova, (au nord de la place Vendôme à Paris, métro Opéra)
Rassemblement fixe de 14h à 16h, à cette occasion les associations feront signer la lettre ouverte d’Amnesty International au Ministre de la justice

Violences policières, violence judiciaire

En garde à vue au commissariat de Courbevoie parce que sans papiers, Abou Bakari Tandia est mort en 2005 des suites de violences policières.
4 juges d’instruction et 7 ans plus tard, aucun résultat ! La justice est-elle indépendante ?

Les expertises médicales prouvent qu’Abou Bakari Tandia a subi des violences mortelles et justifient la mise en examen des policiers.
Proches et associatifs attendent justice et dénoncent un enchaînement scandaleux de dysfonctionnements des services publics.
Pour que personne ne meure suite à un contrôle de police ou de n’avoir pu présenter des papiers en règle, en France, au XXIe siècle
Pour des enquêtes impartiales, soutenez les associations :

Amnesty International Groupe local 144
contact mail : amnesty.asnieres[at]gmail.com

Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia
contact mail : abtandia[at]free.fr “

Sources :http://abtandia.free.fr/abou/dotclear/index.php/2012/02/04/133-mobilisation-sur-le-parvis-de-la-defense-pour-annoncer-la-manifestation-de-samedi-11-fevrier-a-paris

Publié dans Abou Bakari Tandia | Tagué | Laisser un commentaire

Rappel des faits

Rappel depuis la soirée du 5 décembre 2004 par l’Association

“ Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia “

” L’instruction a aidé les plaignants à y voir plus clair, mais de multiples zones d’ombres subsistent dans le dossier. Ci-dessous un déroulé des faits connus.

5 décembre 2004, début de soirée
Abou Bakari Tandia, 38 ans, résidant en France depuis 13 ans, d’origine malienne, est interpellé rue du Clôs Lucé à Courbevoie par la Brigade Canine et emmené au commissariat de Courbevoie.
Dans la nuit du 5 au 6 décembre 2004, Abou Bakari Tandia tombe dans le coma dans des circonstances encore troubles à ce jour. Les pompiers l’emmènent d’abord à l’hôpital de la Salpétrière à Paris pour examen, puis le ramènent à l’hôpital Louis Mourier de Colombes où il est admis en réanimation. Son coma est irréversible. Le procureur de Nanterre Bernard Pagès se déplace dans la nuit et classe l’affaire sans suite.L’origine du doute
Plus tard, lors de l’instruction, la famille partie civile prendra connaissance de la version des policiers :
Abou Bakari Tandia se serait volontairement frappé la tête contre le mur dans sa cellule et serait tombé inanimé.
Mais ni les 2 hôpitaux concernés ni le rapport d’autopsie réalisé après le décès de Abou Bakari Tandia n’ont détecté de lésion du crâne. La famille n’a pas non plus constaté de marques visibles sur la tête ou le visage de la victime lors de la première visite à l’hôpital.9 décembre 2004
Plus de 48 heures après l’entrée au commissariat de Abou Bakari Tandia, la police prend enfin contact avec Samba Tandia, son frère. 2 membres de sa famille et le représentant du Consul du Mali se précipitent à l’hôpital de Colombes. Mais 2 policiers de faction devant la porte de la chambre du mourant en interdisent l’accès pendant 24 heures supplémentaires… Situation inhumaine.

Le 10 décembre, la famille peut enfin se rassembler autour d’Abou Bakari Tandia, en état de mort cérébrale. Son corps est encore très gonflé, son thorax présente une plaie ronde non documentée à ce jour dans les rapports médicaux disponibles. La famille prend des photos.

24 janvier 2005
Abou Bakari s’éteint à l’hôpital. Son corps subit une autopsie, puis son frère le ramène au Mali.

Pendant ce temps, la famille cherche désespérément information et soutien. Au commissariat, à l’hôpital, aucune réponse à ses questions, à son besoin de vérité. Les effets personnels du mort, arrivé nu à l’hôpital, ne sont pas rendus à la famille. Seulement le silence, du flou, des rumeurs contradictoires. Aucune excuse, aucune aide, aucun conseil ne vient des administrations. La famille endeuillée endosse tous les frais.

Avril 2005
L’oncle et le frère de Abou Bakari Tandia décident alors de prendre un avocat (Maître Samba Ba) pour déposer plainte et se constituer partie civile. Motif de la plainte : « Torture et actes de barbarie ayant entrainé la mort ». Puis une association de soutien se constitue à l’initiative des associatifs courbevoisiens qui côtoient le foyer Soundiata, avec les proches de Abou Bakari Tandia, ses compagnons du foyer, les associatifs et citoyens émus par ce drame.

30 juin 2005
La juge d’instruction Madame Cornier instruit le dossier au TGI de Nanterre. Les plaignants apprennent que la vidéo surveillance de la cellule dans laquelle Abou Bakari est tombé dans le coma était en panne la nuit du drame.

Avril 2007
Le Cabinet d’avocats Leborgne Saint-Palais reprend l’affaire.
Au TGI de Nanterre, Madame Duyé a succédé à la première juge d’instruction.

Novembre 2007
Le dossier est confié à Maître Yassine Bouzrou, du Barreau de Paris. Il reprend le dossier à zéro et met en évidence de nombreuses zones d’ombres. Grâce à ce spécialiste des affaires pénales, les parties civiles prennent connaissance d’élèments nouveaux : par exemple, que des documents primordiaux du dossier médical manquent à l’appel, et cela malgré les recherches.

Face aux douloureuses absences et imprécisions du dossier, les proches de Abou Bakari Tandia renouvellent leur confiance en la justice.”

Sources : 
Association Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia 
Pages facebook :
Les Jeunes communistes de Courbevoie sont Solidaire et soutiennent la famille ainsi que l’Association Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia .
Publié dans Abou Bakari Tandia, Luttes | Tagué | Laisser un commentaire

Révolte pour du chauffage à la maison d’arrêt de Nanterre

« Une mini-mutinerie ». Quarante-six détenus de la maison d’arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine) ont refusé hier matin de regagner leur cellule. « Ils ont saccagé le bureau des surveillants et cassé du matériel informatique », indique David Mahieux, responsable de FO-Pénitentiaire. Cette rébellion a nécessité le recours à l’unité spéciale chargée de la sécurité. « Ils se sont révoltés car le chauffage ne fonctionne pas », avance une source policière. L’administration pénitentiaire n’a pas confirmé hier cette information.

mort dans les prisons de france

La France est l’un des pays de l’Europe qui a les prisons les plus vétustes, les plus vieilles et les plus délabrées.

Aujourd’hui, il devient plus qu’urgent que l’Etat apporte une amélioration aux conditions de détention afin d’arrêter cette machine à tuer. Tous les trois jours un détenu décède dans le milieu carcéral sans que cela n’alerte réellement les autorités. Le suicide est la cause qui a toujours été avancée par les enquêtes de police, si il y a enquête bien sur, et ceci sans que cela inquiète les administrations pénitentiaires ou les gouvernements. Le nombre de morts suspectes se multiplie à grande allure et les médecins légistes qui pratiquent l’autopsie répondent en général à la question qui leur est posée, à savoir “Est-il probable que cela soit un suicide ?” par “Oui, cela est probable”. Ce qui conclu à une probabilité et non à une certitude. Dans tous les cas ils répondent en général à la question qui leur est posée par la police et que selon la façon dont la question est formulée la réponse va aller dans ce sens et classer l’affaire.

Publié dans Actualité, Luttes | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Salah Hamouri enfin libre !

Lettre du secrétaire général du mjcf après la libération de salah hamouri

Monsieur le Président de la République,

Nous souhaitons attirer votre attention, sur les déclarations de haine qui prolifèrent dans les médias et sur les sites internet, depuis la sortie de notre jeune compatriote Salah Hamouri.

Certains médias israéliens affirment que dès sa sortie, il aurait déclaré lors d’une interview à l’agence Reuters que « le rabbin Yossef Ovadia mérite la mort ». Propos aussitôt démentis par Salah Hamouri lui-même, par voie de communiqué de presse, ainsi que par les journalistes de l’agence Reuters, preuve à l’appui, puisque l’entretien été enregistré.

La polémique ne cesse malgré tout de prendre de l’ampleur depuis deux jours en Israël, comme ici en France.

Le site « Jssnews.com » a publié un article au titre évocateur « : « Salah Hamouri mérite t-il de mourir ? » où sa mère est directement cité « Denise Hamouri peut être fière d’avoir mis au monde un assassin ». Monsieur Pasquier, président du CRIF a pour sa part signé un éditorial, qui reprend cette information erronée, intitulé « Salah Hamouri et Gilad Shalit », où les erreurs et les contre vérités concernant le cas de Salah Hamouri sont flagrantes.

Il n’est pas le seul, bien au contraire, puisque même les journalistes qui sont censés vérifier leurs informations et croiser leurs sources, ont montré encore une fois leur méconnaissance du cas de Salah Hamouri. Pour David Pujadas, il est devenu « le soldat Hamouri » comme Monsieur Longuet, ministre de la Défense, il y a quelques semaines. Mme Perrier Amélie, de France Culture, affirme que Salah a été enfermé pour « le meurtre d’un rabbin », que vous avez-vous-même consulté en vue de la sortie de notre compatriote… Cela pourrait en devenir comique si le fond de l’affaire n’était pas si grave !

Mais le pire est atteint à la conclusion de l’éditorial de Monsieur Prasquier : « L’un, parmi les premiers mots qu’il a prononcés à sa libération a parlé de paix entre les Israéliens et les Palestiniens (Gilad Shalit), l’autre a parlé de meurtre (Salah Hamouri). Nous serons durablement scandalisés par ceux qui rendront les honneurs à Salah Hamouri quand il viendra en France. ». Comment ne pas comprendre cette déclaration, comme une incitation à la haine qui fait craindre aujourd’hui le pire pour la sécurité et l’intégrité physique de Salah Hamouri, mais aussi de sa famille et de ses proches, directement visés par ses attaques calomnieuses.

Nous pensons que Salah Hamouri a la droit à la tranquillité aujourd’hui, après s’être fais volé presque 7 ans de sa vie par une armée coloniale.

Faut-il rappeler que Salah Hamouri fut arrêté illégalement à un des quelques 220 checkpoints en 2005 qui cisaillent la Cisjordanie ?

Faut il rappeler qu’il fut jugé par un tribunal militaire d’occupation en 2008, illégal au regard de l’ONU, pour un « délit d’intention », sans preuves, ni témoins ?

Faut-il rappeler, qu’il a purgé l’intégralité de sa peine dans un silence médiatique assourdissant et gouvernementale assez flagrant ? Faut-il rappeler, qu’il a même effectué près de 21 jours de plus de prison ; et que durant cette période, ses conditions de détentions ne respectaient pas les droits humains les plus fondamentaux comme certains le rappellent aujourd’hui…

Alors nous pensons que Salah Hamouri a traversé assez d’épreuves comme cela, pour qu’aujourd’hui on le laisse se reconstruire sereinement et profiter des retrouvailles avec sa famille.

Ne reculons pas alors que le chemin vers la paix est tracé !

Puisque vous semblez sensible à la culture allemande, je me permets de citer Johann Friedrich von Schiller, célèbre dramaturge et poète allemand du 18ème siècle qui disait : « La paix est rarement refusé aux pacifiques ». Salah Hamouri est un de ceux-là, comme des milliers de Palestiniens et d’israéliens qui militent pour une paix juste et durable dans le Proche et Moyen-Orient.

Alors ne lui refusons pas la paix ! Ni à lui, ni à tous ceux qui là-bas et partout dans le monde se mobilisent pour que le droit, la justice et la dignité humaine soient respectés et appliqués.

Loin d’être un conflit communautaire et religieux (comme certains veulent nous le faire croire ou penser), ce conflit, et surtout les moyens de le résoudre, sont seulement d’ordre politique.

La solution est aujourd’hui connue. Cela passe par un vote positif au conseil de sécurité et à l’assemblée générale de l’ONU dans la prochaine période pour accepter la Palestine comme 194ème État membre de cette institution. Même si ensuite, le chemin restera long concernant la question du mur, des colonies, du retour des réfugiés, de l’accès à l’eau, des prisonniers politiques…

Alors, Monsieur le Président de la République, nous nous joignons au comité national de soutien à Salah Hamouri, coordonné par Monsieur Lefort, pour vous demander de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de Salah Hamouri et des proches, à Jérusalem, mais aussi lors de ses prochaines venues en France, quand il souhaitera venir pour remercier tous ses soutiens.

Nous vous prions également de demander à monsieur Prasquier des excuses publiques pour rectifier ses propos, dont l’ambigüité nous laisse croire que Salah Hamouri pourrait être en danger à l’occasion d’une visite en France.

Et nous vous demandons d’avoir la même position à l’ONU, que lors du vote positif à l’UNESCO, pour avancer vers le chemin de la paix, comme des millions de Français l’encouragent en ce moment.

Enfin, plutôt que de tout mettre en œuvre pour casser un droit institutionnel comme le droit de grève à propos des agents de sécurité des aéroports, il me semble qu’il serait plus digne et plus conforme à votre fonction présidentielle d’exiger le respect du droit international.

Comment les autorités françaises, européennes et l’ONU ont elle pu accepter un condamnation prononcée par un tribunal militaire d’une armée d’occupation ? Cela est illégal au regard du droit international. Quel texte de droit international permet de condamner au nom du « délit d’intention » ?

Le gouvernement français se grandirait également à demander réparation du terrible préjudice qu’ont subi Salah Hamouri et sa famille.

Recevez Monsieur le Président, mes sincères salutations républicaines.

Publié dans Communiqués, International | Tagué , | Laisser un commentaire